Comme nous nous en doutions avant notre arrivée, nous sommes totalement stupéfaits par ce magnifique pays. Ici, c’est le dépaysement total et nous nous sentons vraiment « dans notre tour du monde ». C’est un changement radical surtout après nos séjours en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Lundi 30.07.07 :
Finalement Havis notre guide rencontré via le forum du Routard, vient nous chercher à Jakarta.
Nous discutons du programme et des tarifs (c’est plus cher que nous le pensions : Euros 65/ par jour pour le guide, le chauffeur, la voiture, l’essence, les visites payantes…), puis il nous conduit à l’Ambassade d’Inde de Jakarta pour notre demande de visa.
Plus de deux heures 30 d’attente et de palabres avec un employé franchement pas aimable et très optu qui ne veut pas comprendre pourquoi nous n’avons pas fait établir nos visas dans notre pays d’origine comme tout le monde (ils ne sont valables que 90 jours et nous sommes partis depuis 7 mois !) et qui veut conserver nos passeports jusqu’à ce que nous récupérions les visas.
Finalement, après avoir discuté avec son chef, il prend notre dossier avec des copies des passeports et nous demande de revenir les chercher le 2 août. C’est impossible car nous partons visiter l’île de Java (1000 km de long) puis celle de Bali et nous ne serons de retour à Jakarta que le 20.08.07, veille de notre départ vers le Népal.
Finalement, il est près de 13 heures quand il accepte notre dossier avec une attestation manuscrite de notre part stipulant que nous viendrons le 20 au matin déposer nos passeports et l’après-midi les récupérer avec le fameux visa (prix total Rp 1 850 000 - E 154 ce qui nous parait hors de prix mais nous n’avons pas le choix). Il réclame aussi impérativement la preuve d’une réservation d’hôtel en Inde.
Nous pouvons enfin quitter Jakarta qui nous le répétons notre aucun intérêt touristique.
Nous prenons la route vers Bandung et Marie a déjà faim (normal, il est 14 h), arrêt dans un warung (petite restauration rapide), mini brochettes de poulet ou d’agneau un peu caramélisé et riz (pas cher du tout, Rp72 000 pour 3 avec les boissons).
Via le col de Puncak, nous arrivons vers 15h30 h à Bogor.
Arrêt à la banque pour retirer de l’argent : Havis nous demande un acompte de E 600, on tord du nez en lui expliquant que la coutume est de payer une fois le service effectué. Il nous explique qu’il a eu des frais à avancer : location de voiture, salaire du chauffeur…Nous cédons.
Pour retirer l’équivalent de E 700 ici nous avons du faire 5 retraits car les distributeurs ne donnent que Rp 1 500 000 ou 2 000 000 à la fois. Je passe sur la demande d’euros que Gilles fait à la banque, pas possible d’en avoir avant 24h, nous payerons donc Havis en Rupiahs.
A Bogor, nous devons visiter le Jardin botanique. Il est officiellement fermé à cette heure-là mais le billet glissé par Havis au gardien arrange les choses. La maison des orchidées est magnifique et le parc en lui-même est assez bien entretenu.
Nous arrivons enfin vers 19h30 à Bandung (capitale de la mode en Indonésie) où Havis a réservé notre chambre par tél. au Savoy Homann. Le réceptionniste annonce qu’il n’a pas réservation et prend Havis prend de haut. Il est très vexé et dit qu’on l’a pris pour un manant ! Nous nous en mêlons et après que nous avoir un peu haussé le ton en menaçant d’aller voir ailleurs, nous obtenons une chambre (Rp 400 000 avec PD et 2 lits petits doubles).
A 21h nous allons enfin dîner puis nous coucher.
Mardi 31 :
RV avec notre guide à 7h30, il n’arrive qu’à 8h et passera la journée à s’excuser, son chauffeur l’ayant planté. Nous, on est content de le voir car on a pensé un moment qu’il s’était fait la belle avec le pactole !
Visite des alentours de Bandung.
Nous nous arrêtons tout d’abord dans un petit atelier de fabrication de tapis en bambous. Les ouvriers nous font plein de sourires et sont heureux de nous voir, les femmes sont subjuguées par Marie et celle qui attend un enfant la touche en se caressant le ventre. On comprend que c’est une croyance superstitieuse: cela lui portera bonheur et fera que son enfant ressemblera à Marie (peau blanche et nez fin…). L’une des ouvrières apprend à Marie à « tresser » les tapis et même si on ne parle pas la même langue, les gestes et les sourires suffisent.
Tant de gentillesse et de chaleur humaine nous remplissent d’émotions.
Ensuite, arrêt dans une plantation de thé où nous sommes accueillis avec des rires et des sourires par les paysans-cueilleurs.
Marie se voit remettre un chapeau et un panier et apprend le métier.
Elle est aux anges, nous aussi. Les femmes particulièrement sont attirées par elle et la touchent en nous complimentant.
On nous apprend que seules les feuilles jeunes sont cueillies. Quand le panier est plein, le paysan va le porter au camion où la cueillette est pesée puis emmenée à l’usine pour le séchage et le conditionnement. Il faut que chaque personne ramasse 60 kgs, soit 4 à 5 paniers par jour pour être payée environ E1.50/J.
Ca ne les empêche pas de travailler dans la bonne humeur et la sérénité.
On reprend la route.
A la demande de Marie, Havis nous emmène dans un collège de campagne.
Il s’agit d’une école coranique. Notre guide obtient l’accord du directeur pour que nous puissions rendre visite à une classe.
Nous sommes, tout d’abord, invités dans le bureau du directeur (un petit bonhomme puis petit de Marie, très souriant lui aussi). Il semble flatter par notre visite et nous autorise à pénétrer dans une classe pour discuter avec ses élèves. Ils sont très intimidés et nous sommes émus par tant de gentillesse et par l’originalité de la situation.
Chacun se présente, on fait quelques photos et on les laisse continuer leur classe. On apprend que cette école publique a été construire grâce à la donation d’un hollandais (beaucoup d’hollandais viennent ici en vacances car leur pays a longtemps colonisé l’Indonésie).
On repart.
Petit arrêt sur le bord de la route, il y a une petite gargote et on nous propose du café ou du thé mais la surprise est derrière : on découvre une petite pièce où une femme et sa fillette sont assise près du feu. En y regardant de plus prés, on voit une sorte de grosse poêle sur le feu et Havis nous explique que c’est un atelier de fabrication de sucre brun. Le jus et les fruits de palme sont cuits pendant 3 heures avant d’être moulés dans des rondins de bambous.
Puis ils refroidissent dans un seau d’eau froide et sont emballées dans des feuilles de palmiers pour être vendus à la coopérative.
Avant de reprendre la route nous goutons aux galettes de choux accompagnées de thé dans le petit magasin. Ça tombe bien, commence à avoir un p’tit creux, normal il est presque 14h, on ne voit pas le temps passé !
Déjeuner dans un warung : brochettes et riz (notre menu déjà habituel).
En milieu d’après-midi, nous arrivons au cratère jaune, qui était en fait la première étape de notre programme d’aujourd’hui.
C’est un peu bizarre ici. Il s’agit qu’un endroit de retraite des animistes musulmans de la région. Ils y viennent pour faire un rituel de purification et d’ex-voto, si j’ai bien compris. On fait le tour du cratère et Havis nous propose de nous faire un masque de boue grise avant de prendre une douche dans les sources chaudes. Un peu timidement au début, nous finissons par nous barbouiller le visage de cette « crème » tiède recueillie directement dans un petit cratère avec un grand bâton en bois. Il parait que ça fait les peaux douces et que ça soigne l’acnée.
On visite ensuite le cratère blanc, vite fait car il est déjà tard et nous avons encore de la route.
On passe une deuxième nuit à Bandung
Mercredi 1° août :
On demande à Havis de nous accompagner dans une agence de voyage pour réserver vos billets d’avion pour Bali et pour notre retour sur Jakarta, malgré nos réticences à voyager dans les airs indonésiens.
Encore une surprise, il nous faut plus de 2 heures pour effectuer les réservations et on repart sans nos billets qui ne seront émis qu’une heure et demie plus tard (Surabaya-Denpasar par Garuda : Rp 465 000 par adulte et Denpasar- Jakarta par Batavia : RP 960 000, pas de réduction enfant sur cette compagnie).
On « décolle » enfin vers 13h, direction Garut, notre étape de ce soir.
Premier arrêt dans une rizière où les paysans coupent et battent le riz de manière traditionnelle, pour récupérer les grains, là encore Marie se met au boulot.
On s’arrête un peu plus tard dans un atelier « mécanique » où le grain est « écossé » et ressort blanc comme celui des paquets d’Oncle Benz ! Nous ne mangerons plus jamais de riz sans penser à tout ça.
On part ensuite à pied dans les rizières pour visiter un petit village habité par une adorable grand-mère, ses 14 enfants, ses soixante petits enfants (elle ne se souvient même plus du nombre exact) et ses 30 arrière-petits enfants.
On discute un moment avec elle : elle a 86 ans et elle a vécu 3 périodes différentes (l’occupation japonaise, l’occupation hollandaise et l’époque actuelle).
Dans une ruelle du village, nous apercevons, séchant parterre sur des tapis, devant une maison, des rondelles de couleurs. On demande à Havis ce que c’est et comme à chaque fois, il se débrouille pour imager son explication par une visite. Il s’agit de rondelles de manioc destinées à la fabrication de « chips indonésiennes ».Nous entrons dans la cour et les femmes nous proposent de venir voir la fabrication. Super sympa, comme d’habitude. Une femme enceinte jusqu’aux yeux s’approche et touche son ventre et Marie pour la fameuse croyance que nous comprenons maintenant…
Sur la route, nous voyons un attroupement au tour d’un terrain de foot. On s’arrête et comme toujours on est accueilli par des rires et des sourires. Photos, discussions : la fête de l’Indépendance se prépare et des tournois pour les enfants sont organisés dans tous les villages.
Etape au volcan Papandayan – altitude 2300 m, dernière éruption en 2002, 14 villages détruits mais heureusement aucun mort.
Celui-ci ressemble plus à un cratère comme ceux de Nouvelle-Zélande (sauf qu’ici : pas de chemin balisé, pas de panneaux signalant le danger d’approcher les trous de soufre ou vapeur, c’est vraiment un autre monde). Nous sommes accompagnés par un guide local, c’est obligatoire. Ca grimpe sec mais c’est beau, sauvage et nous y sommes seuls.
Comme depuis le début de notre voyage avec Havis, pas un touriste, on n’a pas un occidental depuis 48h et ça nous plait bien.
Quand nous redescendons, le soleil est déjà couché et la nuit ne tarde pas à tomber. Pas évident de ne pas tomber quand on ne voit plus ses pieds et que le « chemin » est glissant et accidenté.
Les autres guides ainsi que le chauffeur viennent à notre rencontre mais n’apportent pas de lampe. On finit dans le noir juste éclairé par le portable d’Havis mais tout se passe bien.
Arrivés au parking, les jeunes guides locaux qui habitent sur place nous proposent un café, nous le refusons car on a envie de rentrer à l’hôtel mais ils insistent pour nous chanter quelques chansons au coin du feu. Nous acceptons et passons encore un moment irréel : les guides, le feu de camp, la guitare et un djambé, un ciel étoilé superbe, des voies magnifiques et nous, les 3 Krol, au milieu de nulle part !
Il est déjà tard quand nous reprenons la route et nous zappons Cipanas et ses sources chaudes pour aller à Garut, notre étape de ce soir.
Nous arrivons enfin vers 19h30 au Sumber Alam Hotel. L’endroit est superbe avec des jardins aquatiques paysagés et nous logeons dans un bungalow (Rp 490 000 – 2 lits simples et un matelas par terre pour Marie- petit déj compris).
Malgré l’heure tardive, Gilles et Marie vont goûter la piscine de l’hôtel (sources chaudes) pendant que je me prélasse dans la gigantesque baignoire de la chambre (eau des sources chaudes également). Nous voilà requinqués pour aller dîner. On se pointe à 21h20 au restaurant du Sumber Alam et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on sent qu’on a intérêt à diner rapidos (ça ferme à 22h et il n’y plus un chat). On commande des steaks saignants pour changer un peu des brochettes de poulet, on nous amène des semelles recouvertes de sauce marron. Pas délicieux !
On vent téléphoner à Léna pour lui souhaiter un bon anniversaire, pas moyen. On demande au réceptionniste qui répond : « phone : trobeul », on demande internet, réponse « internet : yes… bat trobeul ».
On est déçu de rater ce rendez-vous avec notre petite Lén adorée. On espère pouvoir l’appeler demain.
Jeudi 2 : petit temple et village traditionnel. On vous racontera plus tard car on part dans un cyber truc muche mettre à jour le blog, relever nos mails et réserver les hôtels pour Bali…